Comment mesure-t-on les audiences TV ?

Comme chaque année, Médiamétrie dévoile le « Top 100 des audiences télévisuelles de l’année ». Et comme chaque année, ou presque, TF1 en ressort en grand vainqueur. Leader incontesté de l’audimat, la chaîne de Bouygues est à la tête de ce classement depuis 2008.


Pour s’imposer à chaque fois en haut du top, TF1 compte principalement sur les rencontres sportives et sur le spectacle des Enfoirés. Ainsi, les premières places des dix derniers tops regroupait quatre matchs de football, trois matchs de rugby et trois spectacles des Enfoirés. Et la seule année où TF1 perdit le leadership, en 2008, M6 diffusait la rencontre de football France-Italie.

Si le sport occupe la plupart des premières places du classement chaque année, on constate également que certains types de programmes font un carton à chaque fois. Ainsi, il y a toujours au moins un grand succès cinématographique (Bienvenue chez les chtis, Intouchables, Les Bronzés…), un ou plusieurs épisodes de série (Les Experts, Mentalist, Dr House…) et aussi un journal télévisé (suite à des attentats, à une déclaration présidentielle…).

Cependant, quand on regarde le classement dans son ensemble, on s’aperçoit que le sport, en dehors des années de Coupe du monde de foot, n’apparaît que peu de fois dans le top 100. Ce sont les téléfilms et les séries télévisées qui sont les plus vus au final, deux programmes sur lesquels TF1 mise de plus en plus en dépit du sport.

Mais comment mesure-t-on l’audience TV ? L’organisme privé chargé de cette mission est Médiamatrie. Financée en partie par les grands groupes TV (TF1, France Télévisions, Canal+…), Médiamétrie analyse également les audiences du replay TV et de la radio. Sur son site internet, la société explique le fonctionnement de la mesure de l’audimat.

Tous les jours, l’entreprise analyse les programmes TV de 5000 foyers triés sur le volet, soit un peu plus de 11 000 personnes, triées selon leur CSP, leur âge, l’endroit où ils vivent, leur situation familiale… Le but : qu’ils représentent le plus fidèlement possible la société française.

Ces milliers de téléspectateurs voient ainsi leurs choix pris en compte, à chaque fois qu’il changent de chaîne. Leurs télévisions sont équipés de petits boîtiers qui émettent un signal dès que l’on change de chaîne, signal que Mediamétrie analyse instantanément. Le but est donc de savoir ce que les téléspectateurs regarde, afin de définir les publics des émissions, mais surtout d’analyser les comportements de ces derniers, face aux publicités notamment.

Toute l’année, et dès le lendemain de la diffusion de l’émission, Médiamétrie publie l’audience précise de n’importe quel programme des chaînes historiques, de la TNT et de beaucoup de chaînes du câble. Le tout avec une marge d’erreur d’à peine 0,2%.

Si l’abonnement à Médiamétrie est essentiel pour les chaînes de télévisions, car il permet d’adapter son programme et de séduire les publicitaires, celui-ci n’est pas donné. Avec un coût d’environ 1,6 millions d’euros par an, certaines petites chaînes voient une grande parties de leur budget disparaître dans les petits boîtiers noirs de Médiamétrie. Et au vu de l’évolution actuel du paysage audiovisuel français, de plus en plus de petites chaînes, locales et nationales, apparaîtront. La question sera alors la suivante : auront-elles les moyens de connaître leurs audiences ?

Louis TANCA.

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