Bouygues et Orange : un pas l’un vers l’autre

Orange et Bouygues Telecom se sont lancés depuis début décembre dans une parade amoureuse. Ils sont finalement entrés en négociations de rapprochement juste avant Noël. La finalité de ces noces ? Le rachat de Bouygues par Orange.

Autour du 23 décembre, Bouygues Télécom et Orange ont conclu un accord de confidentialité pour des négociations de rapprochement. Les deux géants de la télécommunication font ainsi une avancée cruciale vers leur mariage. Cet accord prévoit d’aboutir, selon le JDD au rachat de Bouygues par Orange, dans un délai d’un à trois mois.

La chaîne TF1, propriété de Bouygues et objet de rumeur, ne ferait finalement pas partie des négociations. Pourtant, selon le site NextInpact, ce rapprochement cacherait en réalité un autre accord : « Orange lorgne sur 10 % du capital de TF1. Une façon de faire entrer l’État dans la chaine privée », va jusqu’à annoncer Le Canard Enchaîné.  L’objectif : s’assurer une certaine mainmise sur la première chaîne de France à moins d’un an et demi de la présidentielle.

Orange se serait engagé à reprendre les salariés de Bouygues et à ne procéder à aucun licenciement indique Frandroid.fr. La CFDT s’inquiète cependant de cet engagement et tire la sonnette d’alarme.

Bouygues, actuellement troisième opérateur français, serait valorisé à 10 milliards d’euros en bourse. Ce prix de vente se compose de 8 milliards en actions, qui donneraient à Bouygues une participation de 15 % dans Orange. L’État resterait cependant le principal actionnaire du nouvel ensemble. En prime, le solde de 2 milliards d’euros serait payé en cash, comme le PDG du groupe Bouygues le souhaite.

Cette semaine, plusieurs réunions sont prévues entre les deux états-majors pour peaufiner les préparatifs : valorisation, gouvernance, social et concurrence. Toujours selon le JDD, l’opération pour ce dernier point passerait devant l’Autorité de la concurrence en France.

Les négociations avec les autres concurrents de la télécommunication, Free et SFR-Numericable, devraient débuter mi-janvier, quand Orange et Bouygues auront validé les grandes lignes de leur rapprochement.

 

Mais quel est l’intérêt de Bouygues et d’Orange à s’assembler de la sorte ?  Selon Philippe Bouquillon, les industriels envisagent la concentration comme l’une des clés de l’acquisition d’un fort pouvoir de marché.

Cette stratégie, relativement ancienne, s’est d’abord développée à l’initiative des pouvoirs publics. Depuis les années 1970, ceux-ci poursuivent une politique de renforcement des groupes de communication français. Ils sont restructurés et agrandis afin de devenir des «champions industriels», capables d’être compétitifs sur les marchés internationaux, alors en cours d’ouverture. Puis, sous l’impulsion du marché, le phénomène prend de l’ampleur. Selon Christian Pradié, à partir des années 1980 et 1990, le phénomène de financiarisation vient articuler de nouveaux enjeux autour de la concentration. En effet, il va constituer un moteur pour le financement des stratégies d’acquisition des groupes.

 

Le site américain Bloomberg, l’un des premiers a avoir évoqué ce rapprochement entre les deux groupes, illustre les variations annuelles de ces derniers, en pourcentage sur l’année 2015. On comprend d’autant plus clairement la stratégie d’Orange de récupérer les actifs d’une société en aussi bonne santé.

Traduction de l’infographie (que je n’ai pas réussi à intégrer à l’article) : Titre = La télécommunication française en jeu

Légende = La société Orange, basée à Paris en est au début des pourparlers pour acheter les actifs de télécommunication et de médias de son rival Bouygues, dont les actions ont surclassé Orange cette année.



								

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