Surmédiatisation : Les politiques en désaccord avec les médias

Aujourd’hui, la cohabitation entre les médias et les politiques est compliqué. Entre « déformation, mensonge, amplification, surmédiatisation », tout est une bonne raison pour les politiciens de s’en prendre aux médias.

« Les médias font la course aux audiences, c’est légitime. Je pense que c’est aux médias de déterminer comment traiter ce sujet (Daech) ». C’est ce qu’a déploré le président des Etats-Unis Barack Obama. Calme, précis et concis, le président a fait simplement comprendre que les médias aujourd’hui traitent l’information de la manière dont ils veulent et que cela peut engendrer des problèmes. A force de trop diffuser et de stigmatiser une information qui est celle de Daech avec les attentats, des amalgames se construisent. Et, les terroristes qui ne demandent qu’à être diffusé et à faire peur, sont diffusés. « Ca ne fait aucun doute que les actions de l’Etat islamique ont pour but d’amplifier son pouvoir et la menace qu’il représente ».

Les hommes politiques trouvent que la manière de dire, faire, ou diffuser ne sont pas les meilleurs. Récemment Donald Trump a montré son mécontentement face aux médias qui auraient exposé un « petit propos » en en faisant un « coup d’état ».

En France, les hommes politiques ne sont pas non plus leste avec les médias. Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon en sont la preuve avec les vastes critiques sur TF1 ou encore  sur David Pujadas, présentateur du JT de France 2. Ségolène Royal, Bernard Tapie (ancien homme politique) Julien Dray ont aussi vivement critiqué les médias.

« Je ne suis liée à aucune puissance financière, à aucun système médiatique qui aujourd’hui fonctionne comme de véritables tracts. » Ségolène Royal

Les médias ont une responsabilité dans la montée du #FN : ils en parlent en continu. C’est ce qu’on appelle l’«effet de simple exposition».

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 9 Décembre 2015

Mais la force de ces personnes qui font parler comme Daech ou Marine Le Pen, c’est la stratégie de communication. Avec plus de 15.000 photos, 800 vidéos en 11 langues, le Figaro se pose la question : « L’Etat islamique est-il devenu une entreprise de communication à part entière ? ». Olivier Nataf, vice-président du Modem Us,  affirme que de même pour le Front National,  » il faut reconnaître quand ceux à qui l’on s’oppose sont bons, et Marine Le Pen et son FN ont été très bons sur le plan de la communication. ». Depuis que Marine a prit le dessus sur son père, une logique bien ficelée a été mise en place. Plus la communication est importante, plus on en parle, plus les médias en parle.

Si Jean-Luc Mélenchon parle de « l’effet de simple exposition », ce n’est pas le seul. Lors des régionales de 2015, nombreux politiciens ont accusé les médias de trop parler de la montée du FN et d’en faire une force pour le parti politique. Des présentateurs même, à l’exemple de Yann Barthès, a critiqué le poste de sa chaîne (Canal+) sur Instagram, montrant Jean-Marie Le Pen et sa fille en forme de guignol avec inscrit « retrouvailles le 14 Décembre » en titre : « Super idée de poster ça ce soir, @canalplus #toutpourlebuzz #inconscients ».

Sur ce jugement des politiques, Hervé Béroud, directeur de la rédaction s’est défendu sur cette surexposition :
« Si les politiques de droite et de gauche n’ont comme réponse au Front National que de se déchirer entre eux et de tout mettre sur le dos des médias, ils sont mal partis ».

 

 

 

 

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