Le système de modération de Twitter critiqué par un collectif féministe

#TwitterAgainstWomen (Twitter contre les femmes, en français). C’est le hashtag qui a été créé sur Twitter dimanche 3 janvier 2016 par un collectif de féministes : Feminism Vs Cyber Bully. Pour lui, Twitter est coupable de ne pas agir contre le harcèlement des femmes sur sa propre plateforme à cause d’une modération trop passive.

« Les réseaux sociaux ont initié un nouveau type de violences misogynes, anonymes et aux répercussions immédiates », accuse le collectif Feminism Vs Cyber Bully, dans un communiqué publié sur son compte Twitter. En effet, de plus en plus de messages misogynes et insultants à l’égard des femmes fleurissent sur les réseaux sociaux sans jamais être supprimés. Même si ce harcèlement reste virtuel, il existe bel et bien et peut faire des ravages, du mal-être au suicide, surtout auprès des adolescents. C’est également ce qu’a révélé un rapport de l’ONU publié en septembre 2015. «  73% des femmes ont déjà été confrontées, d’une manière ou d’une autre, à des violences en ligne ou en ont été victimes  », estime-t-il. Les réseaux sociaux auraient tendance à devenir facteur de misogynie et de violences, adressées notamment aux jeunes femmes et aux femmes noires ou d’origine maghrébine. Il n’en n’a pas fallu plus pour que quelques féministes se regroupent et accusent ouvertement les réseaux sociaux, et notamment Twitter, de rester passif face aux publications qui portent atteintes aux femmes. Pour le collectif Feminism Vs Cyber Bully, Twitter n’applique pas une modération assez stricte. Le réseaux social a pourtant changé son règlement le 30 décembre dernier en stipulant que les utilisateur ne doivent pas se « livrer à un comportement inapproprié ciblé, ni au harcèlement d’autres personnes, ni inciter à le faire… » Le collectif a, depuis ces derniers jours, interpellé directement Twitter via sa plateforme en lui demandant de prendre des mesures appropriées pour lutter contre le harcèlement. Mais ce mardi, Twitter a préféré poster le top 10 des résolutions des internautes pour l’année 2016 plutôt que de répondre à ces accusations.

Le collectif Feminism Vs Cyber Bully a créé le hashtag #Twitteragainstwomen et ce logo pour combattre la modération passive de Twitter concernant le harcèlement fait aux femmes.

Une décision prise concernant la modération, en Allemagne

Ce n’est pas la première fois que la modération des publications de Twitter est mise en cause, « Je souhaite en particulier que l’entreprise Twitter puisse examiner les conditions de mise en place de dispositifs concourant à la lutte contre les infractions en matière de provocations ou d’injures« , expliquait, en 2012, Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes à l’époque.
En février 2015, le PDG de Twitter, Dick Costolo, reconnaissait également que son réseau social gérait très mal les situations de harcèlements.

Twitter est accusé de ne pas suspendre systématiquement les comptes des utilisateurs publiant des propos qui peuvent s’apparenter à du harcèlement.

Globalement, la modération semble être un boulet au pied de la plupart des réseaux sociaux. Mais depuis 2013, Facebook, le réseau social de Mark Zuckerberg, a tout de même fait des efforts en mettant en place un portail anti-harcèlement. Le but : limiter le cyber harcèlement et aider les adolescents, adultes ou enseignants à faire face à cette situation. Pourtant, samedi 2 janvier, la vidéo du viol d’une jeune fille a été publiée sur Facebook et malgré les nombreux signalements, elle n’a été supprimée de la plateforme que deux jours plus tard. Facebook recevait bien les signalements de ses utilisateurs mais ne jugeait pas la vidéo en désaccord avec son règlement. Face à ce sérieux problème de modération, l’Allemagne a pris une décision, il y a quelques semaines, pour forcer les plus importants réseaux sociaux à supprimer de leur plateforme les commentaires racistes et haineux en moins de 24 heures, détaillait le site internet Numerama.

Les sites d’informations sont également concernés par la modération

La modération s’est largement développée avec le web 2.0 et ne concerne pas seulement les réseaux sociaux. En effet, les sites d’informations, qui autorisent les commentaires, sont également confrontés à cette problématique de la modération. Le flux de commentaires à vérifier est évidemment moins conséquent que celui auquel sont confrontés les réseaux sociaux, mais la société française Netino qui s’occupe de la modération de nombreux médias français, trie à l’aide d’un logiciel et traiter en priorité les commentaires comportant les mots « gay », « charia » ou « sioniste » explique un article d’Inaglobal. La modération a priori et la modération a posteriori, avant publication ou après publication, sont également deux techniques différentes qui peuvent être utilisées. De nombreuses techniques et des entreprises de modération existent aujourd’hui pour vérifier les publications des internautes et même si les réseaux sociaux peuvent améliorer leur stratégie de modération, il est évident que parmi le flux constant de ces publications, toutes ne peuvent être vérifiées et donc supprimées si besoin.

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